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littérature lyonnaise

  • Conférence

    L’ESPRIT CANUT propose : 

    REFLETS DU TERRITOIRE DANS LA LITTERATURE LYONNAISE

     

    Conférence par Roland Thevenet

     

    Le Mercredi 3 février à 20h 30

    Cinéma Saint-Denis

    77 grande rue de la Croix-ROUSSE

    Entrée 5 euros

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    De Sénèque à Jules Michelet, de Maurice Scève à Jean Reverzy...  C’est surtout entre 1830 et 1930, alors que le destin de la ville et son identité sont liés presque exclusivement à la Fabrique de la Soie, que cette Comédie Lyonnaise eut pleinement droit de Cité. Nous suivrons durant cette soirée sa naissance difficile, ses heures de gloire et son déclin, tout en nous posant la question de ses enjeux et de sa légitimité.

  • Clair Tisseur

    C’est en 1927 que, sur proposition d’un conseiller nommé Rognon (cela ne s’invente pas), la municipalité décida de faire un geste discret en faveur de Clair Tisseur. Discret : c’est le moins qu’on puisse dire ! En lui accordant cette rue du septième arrondissement minuscule et jadis sans nom, une rue d’ailleurs sans rapport non plus avec lui , qui naquit le 27 janvier 1827 au 34 de la rue Grenette, fit ses études au collège des Minimes puis aux Beaux Arts (sous la img1454.jpgdirection d’Antoine Chenavard), résida Quai Monsieur (à présent Quai Gailleton) tint cabinet d’architecte au 10 rue de la Reine (aujourd’hui rue Franklin), mourut dans sa maison de Nyons le 30 septembre 1895 et fut enterré à Sainte-Foy-lès-Lyon… Tandis que Clair Tisseur construisit les églises Sainte Blandine (2ème) et du Bon Pasteur (1er) la mairie deuxième arrondissement, Nizier du Puitspelu fut l’écrivain à la fois moraliste, humoriste, l’érudit considérable que l’on sait. Les Vieilleries Lyonnaises (1879), Les Oisivetés du sieur Puitspelu (1883), Le Littré de la Grande Côte (1894), Les Coupons d’un Atelier Lyonnais (posthume) bien sûr, mais également un roman, André (1868), un recueil de poésies, Pauca Paucis (1889), un recueil de réflexions (Au hasard de la pensée, 1895). Nizier du Puitspelu ! L’étonnant pseudonyme, quand son propre nom, Clair Tisseur évoquait si bien la ville qu’il a tant aimée ! Nizier, en hommage au quartier Saint-Nizier, et Puitspelu, en souvenir d’un vieux puits qui exista en effet dans le prolongement de l’actuelle place de la République.

    Pour ses successeurs, Puitspelu fit office de patriarche, de fondateur, de maître à penser. Il initia L’Alme et Inclyte Académie du Gourguillon « à seule fin de préserver toute vieille bonne tradition lyonnaise ». Alme, précise-t-il, du latin almus, signifie nourricier ; inclyte, de inclutus, célèbre. « L’an de grâce mil huit cent septante-neuf et le vingt-quatrième de juin, jour de la Saint-Jean, à quatre heures de relevée, notre sieur Nizier du Puitspelu, bras-neufs de sa profession, se chauffant le ventre au soleil et parlant à sa propre personne, déclara fondée l’Académie du Gourguillon. Il en fut aussitôt le président, le vice-président, le secrétaire, le trésorier, les membres et le public » : Ce qui n’aurait pu être qu’une plaisanterie devint, au fil du temps, un repaire de bons et truculents Lyonnais soucieux de recueillir tout ce qui disparaissait du paysage et des mœurs. Clair Tisseur inspira véritablement un mouvement artistique qui se prolongea durant toute la première partie du XXème siècle, regroupant en son sein des écrivains (Bleton, Béraud, Lavarenne, Sambardier) des peintres (Combet Descombes), des politiques (Salles, Godard), et propageant véritablement un esprit très Troisième République durant la longue présidence d’Edouard Herriot.

    Je crois pour ma part, de ce que j’ai lu et appris de lui, que Puitspelu fut avant tout un doux. J’en veux pour preuve cette pensée de lui, que je laisse en guise de conclusion et d’hommage tout en même temps :
    « Peut-être que cet amour de la solitude, si marqué en mon humble personne, n’est au fond que le désir d’éviter toute contradiction. La contradiction étant le fond de la société. »