01/07/2009

Tabareau (place & rue)

Le nom de Charles-Henry Tabareau est associé à la pédagogie et aux écoles techniques La Martinière de Lyon. Il naquit à Béziers en 1790 dans une famille de postiers. Son destin se trouva lié aux écoles La Martinière qui furent créées grâce à l’héritage fabuleux du major Martin, un fils de tonnelier lyonnais parti faire fortune de manière fort romanesque dans les Indes du XVIIIème siècle, et qui avait laissé à sa ville natale de Lyon ainsi qu’à celle d'adoption de Lucknow toute son immense fortune afin de fonder ces écoles d’enseignement technique adaptées aux fils et aux filles du peuple. Bien que devenues lycées d'état, ces écoles existent toujours.

Le 9 janvier 1826, lorsque la municipalité décida de créer dans les locaux de l’actuel musée Saint-Pierre la première école dite « Martinière provisoire », elle en confia la direction au professeur et polytechnicien Tabareau. Et lorsque le 2 décembre 1833, l’Ecole s’installa définitivement dans l’ancien cloître des Augustins, Tabareau y devint professeur de mathématiques. Il commence alors à élaborer la fameuse méthode de pédagogie active (dite méthode manuelle) qui le rendit célèbre bien au-delà des frontières du pays :
Chaque démonstration de son cours est fractionnée en une multitude de « tranches ». La compréhension pratique de chacun est vérifiée au moyen d'un exercice que les élèves doivent réaliser sur une ardoise. Au commandement «ardoises», chaque élève écrit son résultat, jusqu’à un coup de baguette du professeur sur son bureau. Des brigadiers collectent alors les ardoises et les déposent dans des casiers (chaque élève a le sien).. Le professeur passe à l’exercice suivant, tandis que les brigadiers distribuent de nouvelles ardoises. Pendant que les élèves travaillent au nouvel exercice, le professeur corrige l’exercice précédent. La séance de cours permet ainsi une alternance d’enseignement théorique et d’exercices pratiques. Tabareau rédige dès 1828 un opuscule où il parle d’Exposition d’une nouvelle méthode expérimentale appliquée à l’enseignement populaire des sciences industrielles, désignée sous le nom de méthode nouvelle. A plus de 70 ans, il rédige, en 1863, son Exposé de la méthode Tabareau, fondée à l’école de la Martinière, pour l’enseignement préparatoire des mathématiques et utilité de son adoption pour les classes élémentaires de l’enseignement secondaire. En 1870, quatre ans après sa mort (le 15 août 1870), on donne son nom à une rue et une place triangulaire du quatrième arrondissement. Son buste se trouve devant l'ancienne Martinière, sur l'une des quatre faces du monument. sur la place du même nom.

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Ci-dessus, la photo prise par D.Valot : sur le socle, on découvre une salle de classe, avec les rangs d'élèves et leurs ardoises...

08:51 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : croix-rousse, lyon, martiniere, tabareau, major martin | |  del.icio.us |

Commentaires

excellent article, merci

Écrit par : Radin | 12/07/2009

Le 28 septembre 2011
Je recherche la signification de la sculpture en marbre représentant une oreille (gauche ?), en marbre, posée sur une estrade ronde en bois, qui est rue Tabareau, à la Croix-Rousse. Et plus précisément sur la partie large, sorte de place, qui débouche sur le boulevard de la Croix-Rousse.

Cette sculpture est "signée" (paraphe)... mais qui en est l'auteur ? Et pourquoi une oreille ? Et pourquoi à cet endroit précis ?

Merci de m'éclairer. J.Roux

Écrit par : jocelyne roux | 25/09/2011

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