18/12/2011

Seignemartin

Brève existence que celle du peintre Jean Seignemartin (né le 16 avril 1948, mort le 29 novembre 1875) dont une rue du huitième arrondissement de Lyon, on ne sait pourquoi celle-ci, conserve le fin souvenir. Fils d’un tisseur, Jean Seignemartin fit le forcing auprès de son père pour entreprendre dès l'année 1860 une formation aux Beaux-Arts de Lyon. Il fréquenta ainsi les classes de Michel Gemod et de Charles Jourdeuil, puis celle de Joseph Guichard qui l’intègra dès 1863 à un travail professionnel avec la décoration de l’hôtel Collet (aujourd’hui disparu) dans la rue Impériale (à présent de la République ), qu’on venait tout juste de percer et qui servait de vitrine au préfet de Napoléon III, le matois Claude Marius Vaïsse.  En 1864, âgé d’à peine seize ans, il expose au Salon est couronné et l’année suivante du Laurier d’Or, le premier prix de la classe de nature. Tout réussit dès lors au jeune prodige, jusqu’à FrançoisVernay qui, ayant remarqué au Salon de 66 l’une de ses natures mortes et l’invite à partager son atelier.

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A partir de 1869, Seignemartin s’installe dans ses propres meubles, rue Jean de Tournes, où il peint des portraits et des scènes de genre. Mobilisé en 1870 dans un bataillon d’artillerie de la garde mobile, il part de Sathonay à Paris et réalise là encore plusieurs portraits de ses jeunes camarades. Il se retrouve affecté à la porte Maillot dans des baraquements précaires. L’hiver est rude. Il en revient avec la tuberculose.

 

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Autoportrait

 

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Ballet de Faust

Joseph Guichard l’accueille et le réconforte, François Vernay l’héberge à nouveau. Il peut présenter au Salon en 1872 le Ballet de Faust esquissé dès 1868 lors d’une représentation à l’Opéra de Lyon. C’est alors qu’il fait la connaissance des frères Tripier, médecins et amateurs d’art, qui lui achèteront régulièrement ces tableaux dont en 1904, ils feront don au Musée des Beaux-Arts.

L’un des deux frères,  Raymond, devient son médecin personnel. Pour tenter de raviver sa santé, il l’envoie à Amélie les Bains Palalda en Pyrénées Orientales. Seignemartin s’y ennuie. Revenu à Lyon, il achève au cours des années 1873 et 1874 plusieurs tableaux de fleurs et de nombreux portraits, avant de partir une première fois à Alger. Son ami le peintre Alphonse Stengelin l’y rejoint en compagnie de sa sœur dont il fait le portrait. Il y rencontre Albert Lebourg, qui y est professeur à l’école des Beaux Arts. Il s’initie à la lumière, à la blancheur, et cherche à renouveler dans plusieurs tableaux les clichés de l’Orientalisme déjà académique. C’est la qu’il meurt prématurément.  Son corps est rapatrié et inhumé à Loyasse. Le buste qui ornait sa tombe a été dérobé il  y a peu. 

 

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boucherie à Alger

 

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buste volé à Loyasse

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16/03/2010

Berjon

Vaise possède normalement sa rue Antoine Berjon puisque c’est dans cette commune, où son père était boucher, que naquit le peintre, le 17 mai 1754. La rue Berjon, qui traverse dans le neuvième arrondissement ce quartier en cours de réhabilitation, est celle où se trouve à présent le bric-à-brac  du foyer Notre-Dame des sans abris.

Berjon apprit à dessiner auprès d’Antoine Michel Perrache, professeur à l’Ecole de dessin de Lyon, avant d’entrer dans une maison de soieries. La Révolution l’obligea à quitter Lyon pour Paris, où à partir de 1794, il  put compléter sa formation auprès du portraitiste et miniaturiste Jean Baptiste Augustin (1759-1832). Berjon exposa régulièrement au salon de Paris avant de regagner Lyon en 1810 pour devenir professeur de « la classe de la fleur » à l’école des Beaux-arts où il forma quantité d’élèves au métier de dessinateur de la soierie. « Ses remarquables compositions le placent au premier plan dans le genre, tant il restitue la texture même des végétaux, jusqu’à se soucier de la transparence des gouttes de rosée. », écrit Bernard Gouttenoire, dans son Dictionnaire des peintres & sculpteurs à Lyon.

En 1823, Pierre Revoil, un de ses élèves, le fit destituer en raison de ses sympathies persistantes pour l’Empire. Il continua durant une vingtaine d’années à dessiner et à peindre, avant de mourir en solitaire, en 1843.

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A l'orée du XIXème siècle, Berjon fut le tout premier des dessinateurs à délaisser l’anonymat de la Fabrique, le « bagne de la peinture », comme le nommera plus tard Baudelaire, pour faire une carrière en solo. Peintre minutieux du détail, du moindre grain de matière,  il entreprit également une œuvre de portraitiste qui demeura longtemps confidentielle : quelques autoportraits conservent le souvenir de son visage, taillé à coups de serpe et de son regard d’aigle. Ses portraits célèbrent des figures de la société lyonnaise sous l’Empire (Monsieur et Madame Dutillieu, Madame Augias, Mademoiselle Bailly.)

Berjon est enterré au cimetière de Loyasse. A l’intérieur du palais Saint-Pierre on peut voir un médaillon de bronze à son effigie..

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